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Légionellose et tours aéro-réfrigérantes

Qu'est-ce que la légionellose ?

La légionellose est une infection bactérienne respiratoire qui peut prendre une forme de pneumopathie sévère, voire mortelle dans 15 à 20% des cas, touchant plus particulièrement les personnes fragilisées (par une autre maladie, par un traitement, par l'âge, par le tabagisme, ...).

 

Cette maladie est due à une bactérie de la famille des Legionella qui compte près de 50 espèces différentes dont une, Legionella pneumophila, est majoritairement mise en cause (plus de 90% des

cas).

Quels sont les facteurs favorisant l'apparition de légionellose ?

Les Legionella sont des bactéries naturelles de l'environnement hydrique (eaux et sols humides) qui, sous certaines conditions, peuvent proliférer dans différentes installations et réseaux d'eau. La contamination humaine est alors possible par inhalation de fines gouttelettes d'eau (<5 µm) contenant la bactérie. Les facteurs favorisant l'apparition de cas de légionellose sont donc de deux types :

• Prolifération de la bactérie dans les installations pour diverses raisons :

- élévation de la température de l'eau entre 25 et 42°C (optimum de croissance à 35°C) ;

- faible circulation, voire stagnation de l'eau ;

- présence dans l'eau d'autres microorganismes (algues, amibes, autres protozoaires) libres ou adhérés aux parois des réservoirs et canalisations (biofilm), car certains de ces microorganismes peuvent jouer un rôle de réservoir et de site de multiplication des Legionella ;

- présence de dépôts de tartre et/ou de corrosion;

• Dispersion d'aérosols :

- tours aéro-réfrigérantes ;

- douches sur les réseaux d'eau chaude ;

- humidificateurs, brumisateurs ;

- bains à remous ;

...

Quelles sont les obligations réglementaires ?

Deux arrêtés ministériels du 13 décembre 2004 imposent aux exploitants d' « installations

de refroidissement par dispersion d'eau dans un flux d'air » (plus simplement les tours aéro-réfrigérantes ou TAR) de déclarer leur installation et de prendre les mesures adaptées. Ceci en fonction du type de l'installation et de sa puissance.

Les mesures à prendre concernent les modalités de suivi, d'entretien et de maintenance des TAR, et bien sûr d'analyses d'eau. En cas de prolifération avérée (1 000 UFC/l ou 100 000 UFC/l), des actions sont obligatoirement à mettre en œuvre : arrêt de la tour, information des autorités, ...

Quels sont les points-clés à ne pas oublier pour le suivi d'une TAR ?

• Faire une analyse méthodologique des risques

• Mettre en place un plan de maintenance de l'installation (il est fortement conseillé de souscrire un contrat de maintenance avec une société spécialisée)

• Mettre en place un plan de traitement d'eau (désinfection, détartrages, ...), qui découle de l'analyse des risques et de la maintenance

• Mettre en place un plan d'analyses, avec un laboratoire agréé (les critères et fréquences d'analyses sont définis par la réglementation)

• Enfin, élaborer un carnet de suivi, qui doit comprendre (entre autres) :

- Un schéma de principe de la TAR

- Un logigramme de fonctionnement, avec les différentes étapes

- Une liste des risques identifiés

- Un plan de suivi : entretien préventif, nettoyages, désinfections, surveillance, vidanges, remises en service, procédures, modes opératoires, fiches d'enregistrements

- Un plan d'analyses : critères, fréquences, choix du laboratoire agréé

Pourquoi faire une analyse méthodologique des risques suivant la méthode HACCP ?

Pour réellement maîtriser le risque, il est nécessaire de considérer l'installation (la TAR) dans son ensemble comme un véritable process, et donc d'identifier tous les facteurs de risque.

Cette analyse de risques est un préalable indispensable à l'élaboration d'un système de gestion de l'installation, qui garantira la maîtrise des risques. Elle doit être menée avec méthode et nécessite une réflexion approfondie.

La méthode HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) ou analyse des dangers et des points critiques pour leur maîtrise, permet d'identifier les facteurs de risque, et d'en déduire les mesures appropriées pour en assurer la prévention et la maîtrise.

C'est une approche raisonnée et organisée visant à s'assurer que, au final, l'installation répondra aux exigences réglementaires.

L'objectif est de maintenir en permanence un niveau de contamination en légionelles < 1 000 UFC/L dans l'eau des circuits de l'installation.

Les 12 étapes de l'analyse des risques :

1. Créer une équipe, choisir des intervenants

2. Définir le champ de l'étude et identifier l'installation concernée

3. Décrire l'installation (=> fiche descriptive)

4. Réaliser le logigramme de fonctionnement (parcours de l'eau au cours de son cheminement dans l'installation, en fonction des différentes phases)

5. Valider les étapes et le fonctionnement de l'installation

6. Lister les facteurs de risque de prolifération des légionelles dans l'installation

7. Lister les mesures préventives

8. Rédiger un programme d'amélioration (planning des travaux, ...)

9. Elaborer des plans de suivi de l'installation : plan d'entretien/nettoyage, plan de surveillance

10. Identifier les actions correctives à mettre en place en cas de dépassement des indicateurs (procédures, modes opératoires, fiches d'enregistrements)

11. Établir le carnet de suivi (procédures, responsabilités, modes opératoires, fiches techniques, fiches d'enregistrements...)

12. Vérifier et valider l'analyse des risques, puis la réviser au minimum une fois par an

 
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